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Mise en alerte du réseau de la santé, mobilisation de bénévoles, mesures spéciales pour disposer des cadavres, le gouvernement Charest a présenté jeudi son plan de lutte contre la grippe aviaire, une infection qui risque de contaminer le tiers de la population québécoise.
"Le gouvernement prend des mesures pour que dès le début de la propagation, on soit capable de limiter le nombre d'hospitalisations et de décès", a dit le ministre de la Santé, Philippe Couillard, lors d'une conférence de presse à Québec.
Hautement probable de l'avis des autorités de la santé publique, la pandémie d'influenza pourrait affecter jusqu'à 35 pour cent de la population du Québec, sur une période de huit semaines.
Des 2,6 millions de personnes malades, 1,4 million auraient recours aux services de santé, 34 000 devraient être hospitalisés et 8 500 pourraient succomber à la maladie.
Un scénario apocalyptique certes mais tout à fait vraisemblable, a insisté le ministre Couillard.
"Si on vous avait présenté une version adoucie de la situation, cela aurait été irresponsable", a commenté M. Couillard, se défendant de jouer les prophètes de malheur pour "faire peur au monde".
D'ailleurs, pour les autorités de la santé, la question n'est pas vraiment de savoir s'il y aura oui ou non une pandémie de grippe aviaire, mais plutôt de savoir quand elle frappera le Québec.
"Le quand, nous ne le savons pas", a admis le directeur de la Santé publique, Alain Poirier. Les experts prédisent toutefois que le fléau va s'abattre sur l'Amérique d'ici deux à trois ans.
Pour l'heure, il n'existe aucune immunité contre le virus H5N1, qui a fait 96 morts, principalement en Chine et en Asie du Sud, depuis son apparition en 1997.
Une fois la souche virale identifiée, il faudra encore trois à quatre mois, peut-être davantage, pour fabriquer un vaccin. Et là encore, le vaccin ne sera disponible que graduellement.
Néanmoins, dans les mois qui suivront l'identification d'une souche virale pandémique, toute la population québécoise pourra recevoir un vaccin contre l'influenza, vraisemblablement en deux étapes. D'après les évaluations du ministère, entre 11 et 14 millions de doses devront être administrées.
Avant l'élaboration du vaccin, les services de santé auront recours à des antiviraux, qui dans certains cas et de façon limitée, peuvent être utilisés pour le traitement de l'influenza.
D'après le scénario retenu par le gouvernement, les travailleurs du réseau de la santé, à la première ligne de front, seront durement touchés par le virus.
Le ministère évalue à 65 000 le nombre de salariés de la santé susceptibles d'être infectés, dont 17 000 pendant la première de huit semaines de crise.
Pour éviter une paralysie quasi complète du réseau hospitalier, le plan Couillard prévoit recourir à "du personnel de relève", comme les retraités de la santé, les nouveaux diplômés, les étudiants et des bénévoles.
"La population québécoise est tissée serrée", a souligné M. Couillard, convaincu que les citoyens participeront de bon gré à l'effort de mobilisation.
L'hospitalisation massive de personnes infectées pourrait également nécessiter le report des chirurgies électives afin de parer au plus urgent, a avisé le ministre.
En ce sens, l'accès aux hôpitaux serait limité aux personnes gravement malades, les autres étant contraintes de se soigner à la maison.
Malgré cela, en cas de débordement, le plan de lutte à la pandémie comporte la mise en place "de sites non traditionnels de soins", c'est-à-dire des hôpitaux de fortune aménagés dans des écoles, des gymnases ou des installations militaires.
Dans l'espoir de retarder la propagation généralisée de l'infection, le gouvernement du Québec n'hésitera pas à "restreindre" l'accès à des lieux publics et pourrait même, si la situation l'exige, imposer la fermeture d'entreprises ou d'usines où des cas d'infection ont été signalés.
Le plan prévoit même une mesure spéciale pour gérer "la quantité importante de décès" qu'entraînerait l'éventuelle pandémie.
De fait, la procédure de constatation médicale des décès serait accélérée considérablement afin de disposer rapidement des cadavres par l'entremise des entreprises funéraires.
La pandémie attendue d'influenza serait la quatrième à frapper le monde depuis une centaine d'années, après la grippe espagnole en 1918-19, la grippe asiatique en 1957-58 et la grippe de Hong Kong en 1968-69.
Tous ces fléaux étaient d'origine aviaire.
article par Martin OUELLET Presse Canadienne
QUEBEC, publie par www.cyberpress.ca
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